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Bpifrance a annoncé jeudi 5 novembre la création de Bpifrance Amorçage Industriel 2, un fonds de 75 millions d’euros destiné aux jeunes entreprises industrielles qui produisent en France sans reposer sur une technologie de rupture, selon le communiqué de la banque publique et Maddyness.
Un second véhicule, 125 millions d’euros au total
Le nouveau fonds, baptisé BAI 2, succède à Bpifrance Amorçage Industriel, lancé en avril 2023 avec 50 millions d’euros. Avec ce deuxième véhicule, la banque publique porte à 125 millions d’euros les moyens consacrés à ce segment. L’annonce intervient en amont de la Semaine de l’industrie.
La cible est précise : des start-up qui ont terminé une première phase de recherche et développement, disposent d’un prototype ou de premières séries, et entrent dans la phase la plus coûteuse, celle de l’industrialisation et du démarrage commercial. Le fonds prendra des participations minoritaires, en fonds propres et quasi-fonds propres, aux côtés d’investisseurs privés et institutionnels. Les tickets initiaux iront de 500 000 euros à 2 millions d’euros, avec la possibilité de réinvestir lors des tours suivants. Bpifrance vise plus de vingt nouvelles participations.
Les oubliées du capital-risque industriel
Le fonds s’adresse à une population nombreuse mais peu financée. Selon Bpifrance, les start-up industrielles dites non deeptech, qui misent sur des innovations incrémentales dans la mobilité, l’énergie, l’économie circulaire, l’agroalimentaire ou les équipements, représentent environ deux tiers des start-up industrielles françaises, soit plus de 2 300 sociétés actives. Entre 2022 et 2025, elles n’ont capté que 15 % des fonds levés par l’ensemble des start-up industrielles, alors qu’elles ont réalisé 59 % des inaugurations d’usines de start-up.
« L’aventure entrepreneuriale est par définition assez difficile, l’aventure industrielle l’est encore un peu plus », résume auprès de Maddyness Raphaël Didier, directeur du pôle Amorçage industriel de Bpifrance, en citant les enjeux de certification, d’industrialisation et de commercialisation qui s’ajoutent à la construction d’une équipe.
Quinze participations pour le premier fonds
Le premier véhicule sert de base au second. Son équipe de six personnes a identifié plus de 1 000 projets, en a rencontré plus de 400 et a investi dans quinze start-up, parmi lesquelles Battri (recyclage de batteries lithium-ion), Elixir Aircraft (avions légers), Isybot (robots de ponçage) ou Engo (lunettes connectées pour sportifs). Selon Bpifrance, chaque euro investi par le fonds a permis de mobiliser en moyenne 4 euros de capitaux privés.
« Avec BAI 2, nous voulons accélérer cette dynamique, accompagner davantage d’entreprises dans leur changement d’échelle et contribuer durablement à la réindustrialisation de la France », indique Raphaël Didier dans le communiqué. Auprès de Maddyness, il reconnaît aussi que tous les projets n’aboutiront pas : « Comme dans tout investissement en capital-risque, il faut accepter un taux de défaillance. »
Ce que les fondateurs doivent retenir
Pour un dirigeant de start-up industrielle, BAI 2 n’est pas un guichet de subvention mais un investisseur minoritaire qui intervient en complément de fonds privés. Les dossiers les plus pertinents seront ceux qui peuvent démontrer un marché déjà identifié, un produit différenciant et un plan de production en France. La présence de Bpifrance au capital peut faciliter le bouclage d’un tour de table, souligne son équipe.
Le lancement s’inscrit dans un contexte contrasté. D’après l’Observatoire Industrie publié la veille par Bpifrance, les start-up industrielles ont levé 2,8 milliards d’euros à fin septembre 2026, en hausse de 42 % sur un an, mais la banque publique relève une baisse persistante du nombre de tours de table en amorçage, précisément le stade visé par ce nouveau fonds.



